Lexique

Additionnalité : l’additionnalité ou principe d’addition suppose que les réductions d’émissions générées par les projets mis en œuvre dans le cadre du protocole de Kyoto (Mécanismes de Développement Propre ou Mises en Œuvre Conjointes) doivent être supérieures aux réductions d’émissions qui auraient été obtenues en l’absence de ces projets. Si le porteur de projet respecte cette condition, il peut bénéficier d’un financement par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM).

Anthropique : utilisé dans le cadre des politiques de lutte contre le changement climatique, ce terme qualifie les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines (consommation d’énergie, déforestation, utilisation d’engrais azoté…). L’expression « émissions anthropiques » est souvent opposée aux « émissions naturelles » qui proviennent, par exemple, des zones humides naturelles ou de la respiration des arbres et des hommes.

Bulle de répartition : principe selon lequel un ensemble de pays peut décliner un objectif commun en fonction des spécificités des membres qui le composent. Ainsi, à partir d’un objectif global de – 8 % pour l’Union européenne (entre 1990 et 2010), l’Allemagne doit réduire ses émissions de 21%, la France doit au minimum les stabiliser et la Grèce est autorisée à les augmenter de 25 %.

Certificat d’économie d’énergie : ce mécanisme de flexibilité s’inspire des quotas d’émissions instaurés par le protocole de Kyoto. Le certificat récompense les économies d’énergie réalisées par toute personne morale, obligée ou éligible. Il peut s’échanger sur un marché composé de personnes en excédant ou en déficit de certificats, par rapport à des objectifs définis par la Loi d’Orientation sur l’Energie (LOE), adoptée en juillet 2004. La rencontre de l’offre et de la demande définit, pour la première fois, une valeur monétaire explicite pour les économies d’énergie.

Directive quotas : directive européenne instaurant, au 1er janvier 2005, la mise en place d’un marché de quotas d’émission inter-entreprises pour une partie des installations de combustion de plus de 20 mégawatts.

Effet retardateur (des océans) : le réchauffement des océans étant plus lent que le réchauffement de l’atmosphère, les océans continueront à se réchauffer plusieurs siècles après l’arrêt de la hausse des températures. Ce phénomène provoquera un nouveau réchauffement de l’atmosphère et contribuera, par la dilatation thermique des océans, à la montée des eaux.

Facteur 4 : annonce politique faite par la France en vue de la division par 4 de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Cette annonce part du constat suivant : la stabilisation des concentrations de GES dans l’atmosphère oblige à ne pas émettre plus que ce que la biosphère (forêts et océans) peut absorber. Pour cela, il faudrait que d’ici 2050, chaque habitant de la planète n’émette pas plus de 2 tonnes de CO2 par an. Or, la France émet actuellement 9 tonnes de CO2 par habitant et par an, d’où cet objectif de division par 4.

Fermentation entérique : vents essentiellement constitués de méthane émis par les ruminants lors de leur digestion. Selon les données 2002 du CITEPA, la fermentation entérique est responsable de 11 % des émissions françaises de gaz à effet de serre.

Grandfathering : avec les mécanismes d’enchères, c’est un des deux systèmes d’allocation des quotas. Dans le grandfathering, les quotas perçus en début de période d’engagement sont fonction des émissions passées.

Hydrate sédimentaire : molécule de gaz entourée par des molécules d’eau disposées en cage. Les poches d’hydrates sédimentaires constituent des réserves énergétiques considérables. La quantité de méthane qu’elles recèlent équivaudrait à deux fois les réserves prouvées en charbon, gaz et pétrole réunis. Dans la nature, les hydrates sont stables à certaines conditions de température et de pression. Leur déstabilisation, liée au réchauffement des océans, pourrait générer l’émission de quantités importantes de méthane, un gaz à effet de serre très puissant.

Intensité énergétique : rapport entre la consommation finale d’énergie et le produit intérieur brut exprimé en volume. Le résultat correspond à la quantité d’énergie contenue dans 1 euro de valeur ajoutée. Plus ce rapport est faible, plus l’énergie est utilisée efficacement.

Mécanismes de flexibilité : prévus dans le protocole de Kyoto, ils permettent à un pays d’atteindre ses objectifs à moindre coût. Les trois principaux mécanismes de flexibilité sont les Permis d’Emissions Négociables (PEN), les Mécanismes de Développement Propres (MDP) et les Mises en Œuvre Conjointes (MOC). A côté de ces mécanismes, certaines règles assurent une flexibilité géographique (bulle de répartition), temporelle (période d’engagements 2008-2012) et de moyens (stratégies d’utilisation des gaz, valorisation des puits de carbone...).

Pergélisol : zone gelée en permanence qui, suite à un réchauffement des sols, pourrait libérer de grandes quantités de méthane. Plusieurs facteurs peuvent entraîner ce réchauffement : la hausse durable des températures liée aux changements climatiques, la disparition de la couche organique des sols, les feux de forêts, etc.

Pouvoir (ou Potentiel) de Réchauffement Global (PRG) : cet indicateur donne, pour chaque gaz à effet de serre, en référence au CO2, l’effet de réchauffement qu’induirait une tonne d’émission sur 100 ans. Les facteurs d’équivalence sont : 1 pour le CO2, 21 pour le CH4, 310 pour le N2O et des valeurs variables selon les composés fluorés (23 900 pour le SF6, de 140 à 11 700 pour les HFC et de 2 100 à 9 200 pour les PFC).

Protocole de Kyoto : Signé en 1997, il oblige les pays industrialisés et les anciens pays de l’Est à réduire leurs émissions de 5,2 % en 2010 par rapport à leur niveau de 1990. Ce protocole est entré en vigueur le 16 février 2005 .
Consulter le Protocole de Kyoto (doc pdf 55ko)

Puits de carbone : tout processus, toute activité ou tout mécanisme, naturel ou artificiel, qui élimine le CO2 de l’atmosphère. Les deux principaux puits de carbone naturels sont les arbres et les océans. La séquestration peut être considérée comme un puits de carbone artificiel.


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